numéro 05

 

dossier: Catherine Dufour

responsable du dossier: Ketty Steward

Format livre

192 pages – disponible
Prix : 14,99 € (dont 3,99 € de frais de port)

Format numérique

4,90 € / Tout en couleurs et avec des nouvelles en bonus !

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éditorial 05

 

   
EXTRAIT
D
ans Contre-jour, son dernier livre, Thomas Pynchon (voir « Autres mondes ») cite Thelonius Monk : « Il fait toujours nuit, sinon, on n’aurait pas besoin de lumière ». Et la nuit, l’obscurité, la noirceur, c’est un univers dans lequel Catherine Dufour excelle à nous entraîner. Le dossier de ce numéro 5 de Galaxies est consacré à cette auteure majeure de la nouvelle science fiction française. Noirceur ? Cela ne veut pas dire que ce soit terne, mais on a ici exactement ce qui sépare les optimistes des pessimistes : quoiqu’on en dise, il n’y a pour les seconds aucune raison de se réjouir, alors autant en profiter tant qu’on le peut encore, et jeter des cris d’alarme avec la conviction que cela ne servira à rien. Au contraire, lancent les optimistes avec une insupportable façon de regarder devant eux en cherchant la moindre étincelle pour vous affirmer que c’est delà que va venir la lumière, au contraire, cela va finir par s’arranger.

On en revient à Monk. Un Jazzman n’ayant a priori aucune raison d’être considéré comme porteur d’une révélation irréfutable (un photophore, en quelque sorte), son aphorisme un peu oxymorien n’a finalement aucune raison non plus d’être pris au pied de la lettre, disséqué, commenté, et arrangé en article de foi. Mais quand même. Un soupçon d’exégèse nous transforme cela en métaphore de la littérature, et de la littérature de science-fiction en général. Si les choses vont mal à ce point, et donc s’il fait toujours nuit, cela implique qu’on ait besoin aussi de lumière, c’est-à-dire de cette « science-fiction positive » dont un collectif d’auteurs britanniques souhaite fonder les bases. Au-delà, c’est de science-fiction qu’on a besoin, tout simplement, et il est intéressant de voir que ce besoin est la chose au monde la mieux partagée, même là où on ne l’attend pas. (…)

Pierre Gévart