numéro 06

 

dossier: Jacques Barberi

responsable du dossier: Richard Comballot

Format livre

192 pages – disponible
Prix : 14,99 € (dont 3,99 € de frais de port)

Format numérique

4,90 € / Tout en couleurs et avec des nouvelles en bonus !

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éditorial 06

 

   
EXTRAIT
C
’était pendant la Convention française de Science-fiction 2009. J’avais mené un long entretien public avec André Ruellan (Kurt Steiner), et celui-ci avait ravi l’assistance par ses réponses très érudites, et sa capacité à se poser en spectateur de la société. Notamment, il avait évoqué son agacement devant les glissements de la sémantique, comme « pouvoir d’achat », qui remplaçait « salaire », avec toute la charge de modification des comportements et des façons de penser liée à cette manipulation du vocabulaire. Le soir, je le reconduisis à son hôtel, et nous avons poursuivi la conversation, et c’est alors qu’il lança cette formule lumineuse : « La science-fiction ? C’est un langage ». Il y a là une définition englobante du genre qui, contrairement à toutes les définitions habituelles, me semble de nature à pouvoir être acceptée de tous.Car ce n’est pas qu’une formule.

Quand il affirme que la SF est un langage, André Ruellan ne fait que résumer les travaux des universitaires qui, comme Irène Langlet – elle aussi présente à la convention de Bellaing – dans son ouvrage La science-fiction. Lecture et poétique d’un genre littéraire, ou Art Evans (que nous avons rencontré à la Convention mondiale de Montréal), directeur d’un laboratoire d’études sur la littérature de science-fiction, à l’Université de l’Indiana, qui publie trois fois par an Science Fiction Studies, consacrent leurs recherches à la science-fiction et y voient en effet ce tissu de signes, de codes, de structures récurrentes qui en font un langage. (…)

Pierre Gévart